La force mentale

As-tu l’impression que malgré ta rigueur à l’entrainement, tes résultats ne sont pas représentatifs quand vient le temps de la compétition? Sens-tu que tes performances en compétition ne reflètent pas tout ton effort de préparation? As-tu déjà entendu l’expression « craquer sous la pression »? As-tu déjà eu cette fameuse pensée : « j’aurais pu faire mieux »?

Parfois, il ne manque qu’un petit détail à l’équation pour apporter une différence. On peut comparer cette idée à un éboulement : il suffit qu’un petit caillou s’écroule pour entrainer une série de grosses roches jusqu’au bout de son élan.

Tu peux réussir. Tu peux atteindre cette demi-seconde. Tu peux réaliser cette figure complexe. Tu peux puiser au plus profond de toi cette force de dernier recours.

Il ne te suffit qu’à développer ta force mentale.

C’est quoi exactement?

C’est lorsque tout semble joué d’avance, lorsque ton corps ne peut plus supporter l’effort, lorsque tu veux tout abandonner,  cette toute petite voix au fond de toi te souffle que tu dois continuer. C’est cette force intérieure qui te pousse au bout de tes limites, qui permet de te surpasser.

La force mentale constitue un facteur déterminant dans une performance sportive. C’est la capacité de l’esprit à supporter la pression extérieure et à se concentrer uniquement sur l’effort, tout en adoptant une attitude gagnante.


Être fort mentalement c’est…

  • Avoir confiance en soi

Croire en ses capacités favorise un meilleur niveau de performance. La confiance en soi est fragile, c’est pourquoi son développement est un travail de tous les jours.

Comment développer ta confiance?

Lorsque tu doutes de toi-même avant une compétition, rappelle-toi tous tes bons entrainements. Tu peux même faire un bilan de ta période d’entrainement, te rassurer qu’avec tout ce travail, tu es prêt et tu mérites ta place. Remémore-toi cette compétition où tu étais si fier d’avoir atteint tes objectifs. Revis cette même émotion où tu étais sur un nuage. En te remémorant fréquemment tes bons coups, la pensée que tu réussiras va s’immiscer dans ton subconscient, ce qui va contribuer à augmenter ton estime personnelle.

« Parfois, il m’arrive d’être sur la ligne de départ et d’être vraiment stressé, d’avoir des doutes. Mais, en bout de ligne, je me dis qu’avec ce que j’ai fait en entrainement, ça ne se peut pas que ça vire mal; la course aujourd’hui n’est pas pire que l’entrainement et j’ai fait des choses plus difficile que ça en entrainement. […] J’utilise beaucoup la confiance que je retire de mes entrainements. » 

– Charles-Philibert Thiboutot, coureur olympique de demi-fond.

  • Adopter une attitude gagnante

Cette petite voix qui te suggère de tout abandonner, qui te laisse croire que tu ne seras pas capable, qui te dit que tu as mal… Cette petite voix, c’est ton combat intérieur, ton réel adversaire face à la compétition. Arriver à la maîtriser et exercer un véritable contrôle sur la façon de t’adresser à toi-même, c’est en ressortir gagnant.

Pourquoi c’est si important?

Toute pensée d’un athlète influence ses émotions et en modifie ultimement ses comportements. En réagissant à tes émotions négatives, ta performance en sera affectée. Entrer dans la compétition avec une attitude négative réduit les chances de performance. À l’inverse, une attitude gagnante mène généralement à des résultats de qualité. schema vraiDurant les passages difficiles d’un entrainement ou de la compétition, les pensées négatives peuvent surgir naturellement. Il serait impossible de les éliminer complétement, mais il existe des stratégies pour les ignorer et fixer son attention sur les pensées positives.

 

  • Rebondir après les échecs

Les échecs sont inévitables dans le parcours d’un athlète. Parfois, le souvenir d’un événement décevant qui resurgit au moment de la compétition affecte la confiance. Ou encore, une perte de motivation est observable chez certains athlètes qui ne se croient plus capables de réussir.

Là où la plupart se laisse décourager, les athlètes qui ont une bonne force mentale considèrent leurs échecs comme une occasion pour apprendre de leurs erreurs. Ils voient la prochaine compétition comme une opportunité de prouver qu’ils sont capables de faire mieux.

L’échec ne te définit pas en tant qu’athlète, c’est ta réaction face à cet échec qui démontre réellement ta force.

Que faire en situation de contre-performance?

  1. Reconnaitre la situation

La première étape est d’accepter le fait qu’on n’a pas atteint notre objectif.

  1. Identifier les causes (réflexion approfondie)

Pourquoi je n’ai pas réussi à atteindre mon objectif? Le manque d’entrainement n’est pas toujours l’unique raison d’une contre-performance. Cela peut être dû à la fatigue, au surentrainement, au manque de technique, au stress, à l’instabilité émotionnelle, à la mauvaise alimentation, à l’influence des autres, etc.

Quels ont été mes bons coups? Dans chaque performance, il y a toujours des éléments positifs qui ressortent.

Comment mon entraineur voit-il la situation? Parfois, l’entraineur a une vision plus objective de l’événement et peut aider à déterminer les éléments ayant causés la déception de l’athlète.

  1. Trouver des solutions gagnantes

Que vais-je faire pour être meilleur la prochaine fois? On tente ici d’établir des stratégies, d’effectuer les changements nécessaires et de se fixer de nouveaux objectifs au besoin.

  1. Se concentrer sur la prochaine performance

Il est maintenant temps d’oublier ces mauvais souvenirs et de rebâtir ta confiance en soi. Il faut aller de l’avant en gardant toujours en tête ton objectif.

« C’est [à l’épreuve sur route] que je n’ai pas été capable de bien performer. Ça me fâchait, j’ai fini extrêmement déçu de la journée. Le lendemain, c’était le Criterium. Je me suis dit : « c’est une nouvelle journée, je vais essayer d’effacer les événements de la veille et je vais voir ça comme une nouvelle course. » J’ai réussi à gagner la compétition. Donc, il faut apprendre vite à se détacher en tant qu’athlète d’une mauvaise performance. Plutôt de bien analyser ce qu’il s’est passé, bien comprendre qu’est-ce qu’on peut améliorer et ce que l’on peut faire en notre pouvoir pour changer ça en expérience. »

– David Veilleux, cycliste québécois ayant complété le Tour de France.

 

  • Se concentrer sur ce qu’on peut contrôler

En situation de compétition, plusieurs distractions peuvent survenir : l’environnement (public, météo, lieu…), la performance des adversaires, l’horaire de la compétition, la nourriture disponible, la peur de se blesser, la perspective d’une rencontre difficile plus tard dans la journée, etc.

Se soucier de tous ces détails fait perdre beaucoup d’énergie, alors qu’en bout de ligne, on ne peut rien faire pour les changer. Plus on est concentré sur des choses incontrôlables, moins on l’est pour des choses contrôlables.  Il faut lâcher prise et accepter les choses telles qu’elles sont. Ainsi, toute l’énergie de l’athlète sera canalisée sur ce qui dépend uniquement de lui, c’est-à-dire répéter sa routine, se concentrer sur sa respiration, etc.

En bref, si tu diriges tes pensées et ton énergie vers les aspects mentaux et physiques sur lesquels tu peux avoir une influence, tes chances de réussite augmentent.

Pour en savoir plus sur les techniques améliorant la concentration, voir l’article sur la préparation mentale.

 


BIBLIOGRAPHIE

DUCASSE, François. Champion dans la tête, Montréal, Éditions de l’Homme, 2006, 324 p.

GREGOIRE, Caroline. Les secrets de préparation mentale des athlètes, Internet, http://www.huffingtonpost.fr/2014/02/15/les-secrets-de-preparation-mentale-des-athletes_n_4787025.html, 19 septembre 2017.

HAMILTON, Andrew. How improving your mental thoughness will improve your overall performances as an athlete, Internet, https://www.peakendurancesport.com/endurance-psychology/mental-drills/improving-mental-toughness-will-improve-overall-performance-athlete/, 28 octobre 2017.

LESYK. Jack J.  The Nine Mental Skills of Successful Athletes, Internet, https://www.sportpsych.org/nine-mental-skills-overview, 7 octobre 2017.

PATTISON, Stuart. What is mental toughness and why do you need it?, Internet, http://believeperform.com/performance/what-is-mental-toughness-and-why-do-you-need-it/, 19 juillet 2017.

SYER, John. Le mental pour gagner, Paris, Éditions Robert Laffont, 1988, (Sport pour tous), 207 p.

 

 

Référence image couverture d’article : https://www.isaaclanekoval.com/sitemap.xml

 

 

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