La préparation mentale

Bien réussir en entrainement, mais faire face à un mur lorsque se présente le moment critique : voilà le problème de bien des athlètes.

Par exemple, un coureur peut faire preuve d’une certaine constance à l’entrainement avec un chrono sous les 4 minutes pour le 1000 mètres. Pourtant, le moment venu, son temps de compétition dépasse les 4 minutes, ne réflètant aucunement son niveau de performance tout au long de la saison d’entrainement. Cette situation, qui semble totalement incohérente, est facilement explicable. 

En entrainement, dans son environnement habituel, l’athlète n’est pas exposé à la pression. À l’inverse, en compétition, compte tenu du nouvel environnement, du stress ainsi que des attentes provenant de soi et des autres, la constance n’est pas toujours au rendez-vous. Cet écart de performance s’explique par le fait que les habilités acquises en situation de routine ne seront pas nécessairement transférées en situation où la pression est à son apogée. 

Heureusement, une préparation mentale adéquate permet au corps de se fixer des repères qui le guideront lors du moment critique. Ainsi, même quand le stress s’installe, tu ne dérapes pas, tu sais ce que tu as à faire pour conserver ta bonne technique et atteindre, voire surpasser, des résultats à la hauteur de ton potentiel.

1. La visualisation

Tout sportif a tendance à se rappeler ses échecs passés. En souhaitant tellement ne plus les revivre, le cerveau les rejoue en boucle. Il reconstruit des scénarios négatifs, tout en appréhendant leurs conséquences. Le subconscient, incapable de bloquer ces images circulant dans l’esprit, ne peut qu’assimiler l’information. Ainsi, lorsque tu penses que tu n’y arriveras pas, tu limites tes possibilités de réussite.

Ta performance réflète ce qui se passe entre tes deux oreilles.

C’est pourquoi tu dois te visualiser comme un gagnant, capable de surmonter tous les obstacles sur ta route. Ton subconscient s’accrochera à cette idée, tu croiras plus fermement en tes capacités et la réussite sera à ta portée grâce à la visualisation.

Les bienfaits

  • Selon des études[1], la visualisation d’un mouvement musculaire peut stimuler l’activité électrique dans le muscle. Ainsi, si tu visualises ton mouvement de frappe au tennis, la même réaction électrique se déclenchera dans ton bras comme s’il y avait eu un mouvement réel. En recevant des signaux électriques similaires à ceux reçus en entrainement, les muscles sont fin prêts à s’activer.
  • En répétant en boucle des images positives liées à ta performance, des processus du cerveau s’actionnent, ayant une incidence positive sur la motricité, l’attention, la mémoire et la perception.
  • Grâce à la répétition mentale fréquente d’un certain mouvement technique, le cerveau l’assimile et le mouvement sera exécuté par automatisme lors de la compétition. Ainsi, les aspects techniques de ton sport ne viendront pas limiter ta performance.
  • La visualisation permet d’être fin prêt mentalement à tout revirement de situation, car l’ensemble des scénarios possibles ont été passés en revue.

Comment adopter une visualisation efficace?

La visualisation ne se résume pas simplement à s’imaginer en train de gagner. L’athlète doit, du début à la fin, s’imprégner des scénarios qu’il se construit et les vivre.

Avec une pratique régulière et quelques stratégies de bases, tu peux arriver à mettre en place une visualisation efficace qui te sera bénéfique pour ta préparation mentale.

tableau visualisation 2

Plus tu réussis à percevoir tous les détails, plus tu es préparé. En répétant souvent différents scénarios, tu es prêt à tout affronter et rien ne peut te faire reculer. Une crampe musculaire? Un adversaire insoupçonné? Une nouvelle douleur? Une température peu propice? Un changement d’horaire? Un équipement peu familier? Tu avais prévu le coup, tu avais prévu ta réaction face à la situation. Tu as été proactif, ayant déjà pensé à comment tu t’adapteras à la situation, au lieu de rester passif, ne faisant que la subir. Tes adversaires seront peut-être déboussolés, mais toi, rien ne pourra t’arrêter.

« Je ne faisais pas la visualisation de façon systématique, juste quand j’en ressentais le besoin. Ça pouvait être long, mais ça pouvait être très court aussi. Je pouvais visualiser, par exemple, seulement un élément technique important. Je travaillais avec un psychologue sportif et on faisait la course ensemble. »

– Audrey Lacroix, nageuse olympique québécoise.

2. Le discours intérieur

Le discours intérieur peut aider à modérer les pensées, les sentiments et les comportements lors de la compétition. Avant ou pendant l’épreuve, on peut surmonter les obstacles difficiles en se répétant de courtes affirmations positives et accrocheuses, visant à se motiver et à se donner confiance. 

Comment rehausser son discours intérieur?

affirmaChoisis une phrase qui t’accroche, qui te motive. Ces affirmations doivent te « parler », avoir une réelle signification. C’est pourquoi elles sont propres à chacun. Il est important que tous les termes employés soient positifs. Par exemple, dans la phrase « n’abandonne pas », il y a le mot « abandon », alors cette idée va être directement perçue par ton subconscient.

3. La concentration

« Je suis coupé du monde. Tout est silence. Il n’y a que la musique des mouvements, de la balle, de la course, qui rythme ma performance dans le temps et l’espace.[2] »

Dans l’article portant sur la force mentale, on explique l’importance de se concentrer uniquement sur ce qui est en notre contrôle. Cette capacité à rester dans le moment présent pendant les compétitions et à se distancer des distractions permet d’avoir une meilleure sensation de son corps pour en conserver le contrôle. Un athlète faisant preuve d’une bonne concentration peut réagir instantanément à n’importe quel stimulus.

Je reste concentré quand…

  • Je demeure dans le moment présent. Je ne pense pas à l’enjeu de la compétition comme le classement, l’accès à la finale ou la qualification pour une autre épreuve.
  • Je reconnais les distractions et je fixe mon attention sur la tâche à effectuer.
  • Je suis mon plan à la lettre; je sais ce que j’ai à faire.

« Une fois que la course est finie, j’étais capable de me dire pourquoi ça n’a pas bien été aujourd’hui. C’était pour des choses en dehors de mon contrôle. Les autres ont décidé de faire la compétition de cette façon-là. C’était en dehors de mon contrôle, donc il ne fallait pas trop que je m’arrête à ça. J’essayais de passer rapidement à autre chose. »

– David Veilleux, cycliste québécois ayant complété le Tour de France.

Exercice de concentration

Cet exercice, pouvant être pratiqué chez soi avant l’épreuve ou sur le lieu de la compétition, favorise l’union totale entre le corps et l’esprit. Il permet de se recentrer sur soi-même et de faire abstraction des distractions externes.

Tout d’abord, ferme les yeux. Prends conscience d’une sensation dans ton corps.« J’ai conscience que mes mollets se contractent. » « Je sens mes poumons expirer tout leur air. » « Je sens mon cœur battre fort. » Puis, répète cet exercice en partant des pieds jusqu’à la tête. 

 4. Le flux de la pensée ou être dans la «zone»

As-tu déjà entendu dire d’un athlète qu’il était dans la « zone »? Elle est décrite comme un état mental dans lequel l’individu est complétement déconnecté de ce qui l’entoure, isolé de toute pression ou distraction interne ou externe et en parfaite cohésion avec ce qu’il a à faire. C’est un moment de transe où, inconsciemment et sans effort, l’athlète atteint un niveau très élevé de concentration, de calme et de confiance.

attitude zone

 


RÉFÉRENCES

DUCASSE, François. Champion dans la tête, Montréal, Éditions de l’Homme, 2006, 324 p.

G. Préparation mentale : la visualisation, une des clés de la performance, Internet, http://www.lemeilleurdelhomme.com/2013/02/18/preparation-mentale-la-visualisation-une-des-cles-de-la-performance/, 22 novembre 2017.

GREGOIRE, Caroline. Les secrets de préparation mentale des athlètes, Internet, http://www.huffingtonpost.fr/2014/02/15/les-secrets-de-preparation-mentale-des-athletes_n_4787025.html, 19 septembre 2017.

HAMILTON, Andrew. Developing a positive attitude towards pressure improves performance, Internet, https://www.peakendurancesport.com/endurance-psychology/mental-drills/developing-positive-attitude-towards-pressure-improves-performance/, 3 octobre 2017.

LESYK. Jack J.  The Nine Mental Skills of Successful Athletes, Internet, https://www.sportpsych.org/nine-mental-skills-overview, 7 octobre 2017.

NEASON, Matt. The Power of Visualization, Internet, http://www.sportpsychologytoday.com/sport-psychology-for-coaches/the-power-of-visualization/, 22 août 2017.

Psychosport. Coaching et Préparation Mentale, Internet, http://www.psychosport.be/p/coaching-preparation-mentale.html, 3 octobre 2017.

Psychosport. Le flow (performance optimale) des sportifs, Internet, http://www.psychosport.be/2014/08/letat-de-fllow-des-sportifs-de-haut.html, 22 novembre 2017.

SICAUD, Didier. Focus & Flow: Concentre-toi et laisse toi aller, Internet, http://www.leflow.ca/focus, 12 janvier 2018.

SYER, John. Le mental pour gagner, Paris, Éditions Robert Laffont, 1988, (Sport pour tous), 207 p.

 

Référence image couverture d’article : http://yesgulf.com/community/mindful-exercises-for-ladies/

 

 

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s